Dernier week-end à Lisbonne

En passant pas Cascais.




Comme promis et après une semaine de pause imprévue, notre guide nous propose aujourd'hui de prendre le train pour Cascais. Nous voyagerons avec un homme occupé à chercher un homonyme du corps, un de ceux qui peut faire souffrir ou sonner, non sans une certaine mélancolie.


Nous visiterons la maison du phare ; elle est au bord de l’écroulement. Notre guide y aurait vécu une année, dans sa jeunesse. Dès l’entrée, il partagera sa première sensation olfactive et réveillera ce qui dormait au fond de lui. Je me souvins d’un doux rêve éveillé, sentis les odeurs de maisons où j’avais vécu ou séjourné et j’eus parfois la sensation d’être à deux endroits à la fois.

Tout comme la musique, la vie ici semblera devoir se révéler après qu’elle a été jouée. Il sera question d’un nocturne, musique liée chez Chopin à l’influence du bel canto italien. Nous nous souviendrons des possibilités de contrastes et de nuances offertes à l’époque par l’évolution du mécanisme du piano, de celle du roman qui, au dix-neuvième siècle, subit également de nombreuses transformations.

De retour de Cascais, nous déposerons notre guide à la maison de l’Alentejo, car il aura rendez-vous avec Isabell. Il flottera comme un parfum de remords. Ceux qui ne le savent pas encore apprendront que la saudade concilie présence et absence. Pour certains, elle serait source de perpétuel renouvellement et élèverait l'homme à sa dimension divine.

Juste avant le dîner, au milieu de la place du Terreiro do Paco, un homme viendra s’asseoir près de nous. La sirène d’un ferry-boat se fera entendre. Les amateurs de Tchekhov retrouveront la Sirène, une des saynètes de l'écrivain. Une nuit magnifique dont la lune, suspendue, semblera comme un hommage à la page blanche de René Magritte pour Mallarmé.


Vous dînerez dans un restaurant post-moderne. En sortant, un air d’accordéon vous accompagnera. L'instrument est reconnu comme précurseur d’un neurotransmetteur à l’origine des états proches de la mélancolie.

Il sera temps de laisser place à la magie de la vie !

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