Direction Lisbonne

Dernière mise à jour : 12 août

Ce matin, j'ai eu envie de partager avec vous ma lecture d'un roman d'Antonio Tabucchi.

Je n'ai rencontré l'auteur qu'une seule fois, à la suite d'une conférence donnée quelques années après l'adaptation de Requiem, par Alain Tanner. Ce que j'ai ressenti est étrangement décrit ici par son traducteur, Bernard Comment :

Par tous ces livres, Antonio Tabucchi est un des grands écrivains contemporains [...] attentif, généreux, complice, drôle, toujours inattendu. Avec lui, on se sentait plus fort, plus intelligent. On se sentait protégé (de la bêtise, de la médiocrité).

J'ai parcouru Requiem, comme un labyrinthe, dans la ville, une rencontre du personnage avec d’autres auteurs, à la limite de L’envers et l’endroit. Mes rapports avec la littérature restent ceux d'une autodidacte et j’ai dû user d'une approche un peu éloignée du sillon, plus baroque, une forme de dérive au fil des mots, des personnages et des situations, choisissant parfois une tangente pour tracer des lignes qui ne visent qu'à des points spéciaux, à des trouvailles imprévues.

Peut-être penserez-vous que la lecture n'a pas été menée avec toutes les possibilités offertes par le requiem et la saudade, je ne pourrais qu’être de votre avis. Vous trouverez bien neuf fragments en lien la séquence du Requiem de Verdi. L’approche de la saudade, en tant que forme de détachement causé par des états d’âme, est sans doute partielle. C’est que ce sentiment m’apparaît proche et à la fois très différent de ce que j’ai pu percevoir du fiu des Polynésiens, de la mélancolie bourgeoise issue de la Vienne de Freud, de celle dite joyeuse d’un Tchekhov ou encore de la tristesse andalouse. Et c’est de cette dernière, partagée avec d’autres abus de vie intense et joyeuse que la saudade me paraît la plus éloignée.


Je vous laisse le temps de préparer vos affaires, rendez-vous vendredi prochain !


N.B. Antonio Tabuchi se présentait comme un philologue, traducteur italien de Pessoa, écrivain à ses heures. Il a été professeur à l’université de Sienne, à New York et au Collège de France, Directeur de l'Institut Culturel Italien de Lisbonne.

Ces dernières années, Bernard Comment, traducteur et ami d'Antonio Tabucchi nous a permis de le retrouver :

- une nouvelle traduction, Les volatiles de Fra Angelico, Gallimard, 2018

- une autre traduction, réunion de textes déjà publiés et d'autres, complètement inédits, Récits avec figures, Gallimard, 2021

- une évocation des pouvoirs de la littérature, de ce qu’il en coûte d’écrire, comme arrachement de soi, Écrire à l'écoute. Dialogues avec Bernard Comment, Seuil, 2022


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