Science, connaissance et marche à pied


« On ne peut, je crois, rien connaître par la science ; c'est un instrument trop exact et trop dur.


Le monde a mille tendresses dans lesquelles il faut se plier pour les comprendre avant de savoir ce que représente leur somme.

La certitude géographique est semblable à la certitude anatomique. Vous savez exactement d'où le fleuve part et où il arrive et dans quel sens il coule ; comme vous savez d'où s'oriente le sang à partir d'un cœur, où il passe et ce qu'il arrose.

Mais la vraie puissance du fleuve, ce qu'il représente exactement dans le monde, sa mission par rapport à nous, sa lumière intérieure, son charroi de reflets, sa charge sentimentale de souvenir, ce lit magique qu'il se creuse instantanément dans notre âme et ce delta par lequel il avance ses impondérables limons dans les odéans intérieurs de la conscience des hommes, la géographie ne vous apprend pas plus que l'anatomie n'apprend au chirurgien le mystère des passions....


Comme les hommes, les pays ont une noblesse que l'on ne peut connaître que par l'approche et la fréqentation amicale. Et il n'y a pas de plus puissant outil d'approche que la marche à pied. »


in ce que je peux écrire sur la Provence. Jean Giono 1939

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